Protéger les Régions face au Brexit

Protéger les Régions face au Brexit

En dépit des incertitudes sur la date du Brexit et sur les termes du divorce, il devient de plus en plus clair que l’Union européenne doit créer des mécanismes pour soutenir les territoires affectés négativement par le Brexit.
C’est la position que j’ai défendue en mars devant les membres de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM).
Alors que de nombreux secteurs d’activité seront affectés sur toute la façade Atlantique, je suis revenu sur mon engagement au Parlement européen pour la création d’un « Fonds Brexit » destiné aux territoires les plus exposés, initiative à laquelle Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a officiellement apporté son soutien.

Un impact territorial majeur
Toutes les études sur les conséquences du Brexit aboutissent à la même conclusion : quelle que soit la nature de la future relation entre l’UE et le Royaume-Uni, le Brexit aura un impact considérable sur nos Régions. Aujourd’hui, alors même que le Brexit n’est pas encore effectif, de nombreux secteurs sont d’ailleurs déjà affectés par l’incertitude générée.

Ce constat est vrai en Irlande, pour des raisons évidentes, mais aussi en France. Si l’on prend l’exemple des Pays de la Loire, en 2016, les exportations vers le Royaume-Uni ont représenté 1 744,2 millions d’euros alors que les importations représentaient 767,2 millions. Des pans entiers de l’activité économique régionale pourraient donc être mis en difficulté, qu’il s’agisse du matériel de transport, des machines industrielles mais aussi des produits des industries agro-alimentaires.

Agir pour ne pas subir
Face à ce constat, je suis convaincu que l’Europe ne peut pas se contenter du statu quo.
Avec le soutien de collègues néerlandais, j’ai donc défendu au Parlement européen la création d’un fonds de soutien spécifique pour les régions qui sont en première ligne.

Malgré ces éléments concrets, la Commission européenne a adopté une attitude attentiste, en se cachant derrière le fait que l’impact précis du Brexit n’était pas encore connu et que les mécanismes et politiques existants pourront absorber ces effets.
Je pense que c’est une double erreur.
D’abord, parce-que cela n’envoie aucun message positif à nos Régions, bien au contraire, à un moment ou l’incertitude nourrit et entretient les inquiétudes.
Ensuite parce que l’Union a, pour une fois, la possibilité d’anticiper, de prévoir, au lieu de se contenter de faire de la « gestion de crise » une fois qu’il sera trop tard. Certes, l’impact du Brexit dépendra des termes du divorce et un nouveau report est possible, mais c’est maintenant que l’Europe doit préparer les différents scénarios pour que tout soit opérationnel le moment venu.

Dans la mesure où la raison d’être de la politique de cohésion est précisément d’apporter un soutien sur mesure aux régions, je considère qu’elle devra être mise à contribution.
Grâce à notre action, ce principe est désormais reconnu au Parlement et nous pouvons maintenant réfléchir aux modalités plus précises, par exemple sur les critères retenus.

De nombreuses régions risquent de voir leur situation mise à mal par quelque chose qu’elles n’ont pas souhaité et dont elles ne sont pas responsables.

C’est pourquoi l’Union a la responsabilité d’agir maintenant afin d’anticiper, d’atténuer l’impact et de montrer à ses citoyens que l’Europe est là pour les protéger.

Marc Joulaud